Jean-Paul Courchia
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"L’étonnant dans la carrière toute nouvelle de Jean-Paul Courchia, c’est qu’un public se soit créé autour de lui, par génération spontanée, allant de simples visiteurs d’expos à des collectionneurs d’artistes provençaux. Comme beaucoup de peintres débutants, il a accroché par-ci par-là avec des amateurs ou des semi-professionnels, tenté quelques salons dont celui des artistes français. Le premier professionnel à l’avoir suffisamment remarqué pour l’aider fut Jean Marc Champagne depuis les pentes de Notre-Dame de la garde, tutélaire et protectrice. Si bien que la quarantaine approchant, poussé par le succès obtenu auprès des amateurs, il affrontera le quartier traditionnel « Paradis », accueilli par, la galerie Montgrand en 1992 et 1993, soutenu d’emblée par la critique.
Montgrand ayant repris Jouvène, ses expositions suivantes : juillet 1995 (en groupe) décembre 1995 (individuelle) confirmeront le mouvement qui l’a porté jusque là.
Déjà Pierre Signoret (Juin 1992) a signalé que Courchia est fasciné par le port de Marseille, le Carénage, ses vieux quartiers, et par Paris. «  S’il peint un Paris d’aujourd’hui, curieusement ce jeune artiste s’efforce de retrouver l’ambiance du Marseille des années 20, avec ses cargos et ses remorqueurs aux minces et longues cheminées. »
Le choix du thème marseillais d’antan ne peut s’expliquer par une nostalgie et de souvenirs d’enfance car, lorsque Courchia est né au Maroc, le Transbordeur n’existait plus depuis longtemps. C’est à une affinité plus subtile qu’il faut peut-être penser, celle des films et pièces de l’époque Marius et Pagnol, fixant un temps de référence cinématographiques et provençales par une succession « d’arrêts sur image » qui vont porter créer, d’autant de tableaux. Un espace rêvé qui peut aller jusqu’au Tunnel du Rove.
Pierre Signoret ajoute en ce sens : «  La rigueur des cadrages, la fluidité d’exécution, l’audace de la mise en page témoignent d’une rigueur et d’un dépouillement métaphysique, tant est grande la tension qui se dégage de ces œuvres » privées de toutes présence humaine.
Quant aux influences…S’il reconnaît ses admirations pour Verdilhan, Camoin, Lesbros, lacritique lui cherche plutôt des concordances avec Marquet. "
 
Alauzen di Genova 1998 - Historien d'art

"Grâce à un contexte environnemental unique la Provence fait découvrir des vocations à ses habitants.
Dans le cas de l’art pictural, bon nombre sont arrivés à surpasser leurs facultés pour obtenir une œuvre peinte à la fois personnifiée et techniquement aboutie.
Sur la place marseillaise contemporaine, Jean-Paul Courchia fait office de chef de file. Il est d’ailleurs permanent à la galerie Jouvène et est présent sur les cimaises de la galerie Revel à New York. Depuis une dizaine d’années qu’il expose son travail au yeux du grand public sa notoriété n’a eu de cesse de grandir. Il faut dire que chacune de ses créations a un pouvoir attractif intense.
Nous n’allons pas revenir en détail sur son parcours, mais plutôt parler  de l’avenir, car il fait partie intégrante du futur en façonnant son art qui constituera une référence majeure sur les prochaines générations. Au-delà de cette affirmation il faut bien comprendre pourquoi l’artiste fédère autant. Le principal atout de son expression est sa faculté à décliner la couleur bleue. Dans les années soixante Yves Klein avait forgé sa notoriété sur cette orientation en décalant ses démarches vers un marketing exacerbé. Jean-Paul Courchia use de cette couleur primaire pour magnifier ses créations. A partir de cette base tonale et s’appuyant sur un graphisme néo-réaliste il matérialise des scènes marines  souvent inspirées du quotidien du vieux port de l’entre guerre. Les réalisations paysagères, les natures mortes, et autres intérieurs ne sont pas en reste et constituent sa palette thématique. Pour bien comprendre ce que représente l’univers créatif de Jean-Paul Courchia, il faut se plonger dans une exposition personnelle du maître. Vous découvrirez l’intimité d’un homme qui déborde de talent et dont la passion n’a aucune limite."
Philippe Amiel. 2003 Directeur de la Galerie Jouvène et de la revue Coté Art

Deux articles sur l'artiste. L'un du célèbre historien Alauzen Di Genova et l'autre du directeur de la révue d'art "Coté Art", Philippe Amiel.